Sociale et solidaire, l'autre économie
L'ancien Premier ministre Michel Rocard s'est livré, durant près de deux heures, à un plaidoyer en faveur de l'économie sociale et solidaire, sujet qu'il porte depuis de nombreuses années.
Un plaidoyer organisé en deux temps. Tout d'abord, Il s'est appliqué à revenir sur la genèse du concept, élaboré au début du vingtième siècle par Charles Gide, qu'il a ensuite précisé dans le cadre d'une définition juridique du "groupement d'économie sociale". En effet, en tant que ministre d'Etat, chargé du Plan et de l'Aménagement du territoire, Michel Rocard fut à l'origine du Conseil supérieur de l'économie sociale, de la Délégation interministérielle à l'économie sociale et de l'Institut de développement de l'économie sociale.
Dans un second temps, sous l'impulsion des questions d'acteurs locaux de l'Economie Sociale et Solidaire (ESS), l'ancien premier ministre a mis en garde ces derniers sur les orientations nécessaires que ce mouvement devra mettre en œuvre pour s'affirmer comme un modèle économique et social solide. En effet, alors que plus d'un salarié sur dix en France travaille dans le secteur de l'ESS, le mouvement peine à être connu et reconnu. Un état de fait qui est lié notamment à la multitude d'acteurs aux statuts différents, qui peinent à se coordonner et à s'unir. L'ESS dispose pourtant d'atouts remarquables, notamment depuis le choc spéculatif de 2008 et la crise économique qui s'en est suivie. Le secteur a en effet enregistré une augmentation du nombre global de salariés, car c'est une "économie qui a la caractéristique d’être moins sujette à des variations de conjoncture".
Mais en prenant parfois le rôle de "brancardier du chômage", les acteurs de l'ESS se tournent de plus en plus vers l'Etat pour solliciter des aménagements législatifs et fiscaux et vers les collectivités pour obtenir des financements publics. Une évolution qui fait réagir l'auteur de la préface du livre "Economie sociale : la solidarité au défi de l'efficacité" (2006) : le développement de l’ESS doit se faire d’abord sous l’impulsion des acteurs eux-mêmes ; les pouvoirs publics devant quant à eux encourager les initiatives et donner de la souplesse au fonctionnement de ces entreprises non lucratives qui prennent la forme de coopératives [1], d’associations [2]ou de mutuelles [3]. « innovez », « osez », « démontrez que c’est possible », autant d’encouragements qui sonnent comme un appel à la mobilisation générale pour une réforme en profondeur du système économique.
Une belle leçon d’économie, donc, empreinte d’enthousiasme envers le développement de cette « économie humaine » dont les valeurs intrinsèques s’opposent à la financiarisation du monde, comme une réponse au capitalisme effréné, en investissant les secteurs non délocalisables comme l’agriculture, la solidarité et l’artisanat.
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M. Jamoneau/Dircom36
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5/12/2013 à 9 h 06 à h
A l'heure où 98% des flux financiers mondiaux sont constitués par des mouvements de capitaux et des produits de spéculation, l'économie sociale et solidaire apparait comme étant la seule alternative saine au capitalisme effréné, sous réserve qu'elle se rassemble et qu'elle innove pour se renforcer.
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